À la chaîne

 

Le soleil se lève

et se couche

sur la pointe 

des pieds

Le jour il travaille

dans une usine

d'ombres sur-mesure

Quelle heure est-il ?

 

L'heure où

la pendule

troque ses aiguilles

contre

des épines

Léger penchant

 

On ne saura jamais

vraiment si la pluie 

préfère le béton

ou la peau

Craie

 

Merci à la librairie La pensée sauvage !

Détraquée

 

La vie ce bel été 

où des feuilles d'automne

tombent 

dans la neige

Travaux de nuit

 

Chiffonnant ombres

et draps

rêvant tout éveillé

d'une insomnie

soporiphique

Miaou

 

J'ai essayé

d'écrire et puis

miaou

Je voulais

mettre des mots sur

ce truc et puis

miaou

Ça parlait de vie 

ça parlait de mort

et donc miaou

Ce n'est pas si

facile de coucher 

ces choses-là

près d'un chat qui a faim

Sa lumière dépassait

 

 La nuit

s'ouvre comme 

des rideaux

Le jour s'y était caché

Je m'enfuis

avec lui

Mélange des genres

 

Confidences 

de presse 

et conférences 

sur l'oreiller

Le vertige

 

Chaque seconde

4 enfants naissent et

2 personnes meurent

Il faut environ 2h30 pour

faire cuire 

un pot-au-feu

Après la virgule

 

La nuit est

une virgule et

ce matin

arrondissons-nous

au supérieur

Une éclaircie

 

Petit soleil d'hiver

nèfle gelée 

entre deux nuages

Loin de tout

 

On nous envelopperait dans 

dans du papier bulle et

puis dans un carton et 

on écrirait sur

la boîte

Attention fragile 

avant de

nous envoyer

à l'autre bout du monde

Bonheurs fugaces

 

Nous sommes

feux de joie

déclarés dans 

la paille

Orchestration

 

Harmoniser tant

que possible la

petite symphonie

qui mêle le blanc 

de l'œil

au métal

du ciel

Y retourner

 

Voyager dans 

le silence

un soupir 

pour monture

l'apaisement comme 

une arme

ce souvenir précieux

pour seule destination

Beaucoup

 

Il s'en est déjà

fallu de peu

Il s'en faudra

de peu

Il s'en faut toujours

de peu

pour que ça devienne

beaucoup

Alibi

 

J'enquête

sur la disparition 

des idées noires 

dans le vent

Goutte à goutte

 

Certains jours être

un synonyme

de pluie

Échantillon

 

La nuit touche

à sa fin

et les yeux s'ouvrent

à peine

Juste assez pour 

confondre

un fragment de ciel rose et 

l'extase absolue

Comme du verre

C'est très fragile

de chaque côté

des paupières

alors il faut cligner

très précautionneusement

Grande vitesse

 

Le temps

passe si vite 

Il faut

sauter dedans

Il faut

s'y accrocher 

et tenir la cadence

Il faut 

que chaque escale

émerveille et parvienne 

à nous faire oublier 

où l'on va

Labyrinthes

 

Et c'est là

tout notre mystère

Nous sommes 

à l'intérieur

emplis de mille portes

et certains 

les enfoncent

quand d'autres

les entrouvrent

ou encore

y chuchotent

parfois même

les repeignent

Fragrance

 

Les petits matins

d'automne

ont un discret parfum de pluie

dans le cou

Sous les plumes

 

Faire confiance aveugle

à l'envergure 

du jour

dont les ailes déployées

protègent un peu

nos rêves

Appât

 

Au creux de la main

quelques étoiles

et dans l'œil

cette noirceur

sans fond

La nuit t'apprivoise

Chacun ses goûts

 

Le vent aime 

les cheveux

les robes

les tissus oubliés

des cordes à linge

renverser les poubelles

et pousser les mégots

l'herbe mouillée

la fumée

les feuilles

qu'elles soient mortes

ou vivantes

Le vent aime 

la pluie

les cils

les arbres

comme les fleurs

la pierre

moins que le bois

les écharpes mal nouées

les plumes et

la poussière

certains nuages

les dos et

les visages

les larmes

les jours qui

n'en finissent jamais

les nuits trop longues

le feu

les cendres

Le vent aime

l'horizon 

mais déteste

les murs