Quelques mots sur mon recueil venant de paraître, à lire sur La Viduité. Un grand merci !
⛅️ À QUELQUES NUAGES PRÈS, mon nouveau recueil de poésie vient de paraître aux Éditions Le Condottiere. Le livre est enrichi d’une réédition d’INAUGURATION DE L‘ENNUI paru chez Alma éditeur en 2018, devenu indisponible.
Couverture : Hugues Vollant.
📙LE LIVRE (254 p. 15 €) :
« Ce livre contient des mots, seulement des mots. Des qui réchauffent et des qui blessent, des qui jaillissent, des qui emportent, des mots qui osent et d’autres qui ne viennent pas, des que l’on perd ou que l’on garde, qu’on invente, qui brisent le silence ou qu’on ne dira jamais, des isolés, des en pagaille, des vides de sens et des pleins de tendresse, des mots qu’on n’a pas, qu’on devine, et puis avec un peu de chance, ceux qu’on attend. »
En début d'année prochaine, le 15 janvier plus précisément, paraîtra un nouveau recueil aux Éditions Le Condottière (merci à eux pour le superbe travail effectué). Il s'intitule "À quelques nuages près", et est précédé pour l'occasion de mon autre recueil paru il y a quelques années chez Alma,"Inauguration de l'ennui".
Passez une belle et la plus douce fin d'année possible.
« Il arrive qu’on achète un livre sur un malentendu. Par exemple, quand j’ai acquis maudire le béton, de Guillaume Siaudeau (nuit myrtide éditions, 2017), je pensais tout bonnement me repaître d’un texte militant conspuant la surexploitation du sable de rivière. La couverture, avec son dessin évoquant une cimenterie, et une page ouverte au hasard semblaient le confirmer :
« Tu te souviendras du jour
où je t’ai dit
que pour apprivoiser le désert
il faut
apprendre à maudire
le béton »
Et puis non. Je veux dire, et puis non, mais si quand même. maudire le béton dépeint, au futur, un univers transformé en désert aride, « Il fera chaud/comme mille brasiers », « Il n’y aura plus/de saisons/la chaleur se revêtira comme/un long manteau […] », si ce n’est hostile : « Il y aura des coyotes/des vautours coriaces », « Les tempêtes de sable/nous transformeront/en lézards jaunes ». Ce monde à venir a l’allure d’un monde d’après ; pourtant, contre toute attente, l’annonce ne se fait à aucun moment sombre ou désespérée. Tour de force : cette projection, comme les parfums de Baudelaire dans les Correspondances, a la fraîcheur des chairs d’enfants, et des sons clairs se diffusent au gré des pages. […] »
La suite est à lire sur le site de la revue Décharge, ICI.
Un grand merci à Florence Saint-Roch pour sa belle chronique sur mon "Maudire le béton", paru il y a quelques années chez Nuit Myrtide.
Hier c'était
porte ouverte dans
ma tête
Pour l'occasion le soleil
avait confectionné quelques
petits souvenirs sucrés
et à la nuit tombée
il ne fallait pas manquer la
visite guidée de
ma douce asthénie

Un beau matin tu
te réveilles tu
regardes en arrière et
te rends compte que
ta vie s'est accrochée puis déroule
cette pelotte mêlée
de peurs et de petites extases
et tu la traînes
depuis toujours
La lumière décline
Les sourires deviennent
lents puis imperceptibles
Bientôt le véritable bonheur
n'existe plus que dans
l'imaginaire
de quelques enfants
Quand le jour est
bien levé
grimé
soigné
apprêté
que reste-t-il de
nos questions
de la nuit
des monstres et
des danses
des rêves
des idées
plus ou moins bonnes
des grands seigneurs et
des petits truands
des beaux projets
des cocons
des planques
des flammes
Quand le jour est
complètement levé
que reste-t-il sinon
pauvres vétilles et
quelques cacahuètes
Le présentateur demande
à l'invité sa définition de
l'inspiration et je
réponds à sa place dans ma tête que
l'inspiration est une poche
pleine de miettes où
de temps à autre on retrouve
une pièce de monnaie
un briquet ou encore
un mouchoir fossilisé et
parfois même avec
beaucoup de chance
un merveilleux dessin d'enfant
plié en 4
Chaque souvenir a
un parfum et
une couleur particuliers
Je ne vous apprendrai rien
encore aujourd'hui hélas mais celui-ci
est rose bonbon ce qui
dénote étrangement avec
son goût de chocolat ainsi que ses
petites bulles inattendues
et j'ai choisi de le
boire très frais en regardant pour
la énième fois ce fameux film
triste à mourir
Je n'aime pas
spécialement les surnoms
mais on a
quand-même envie
d'appeler certains lundis matins
3 francs 6 sous
Ça se passe
toujours ainsi
Le jour dépose
les fournitures
au pied de la maison
Des branches
une mésange charbonnière
plusieurs feuilles trouées
un timide éclat
de lumière et
sans doute la plus belle
pièce d'une minuscule dinette
en plastique rose
Voilà tout ce qu'il faut pour
construire un petit rêve
La pluie l'a
déjà fait récemment
une mauvaise nouvelle également
l'autre jour et
la petite fille d'à côté qui apprend à
faire du vélo hier elle aussi
alors je me demande
ce qui pourrait bien encore
tomber aujourd'hui
On ne voit pas à
deux mètres ce matin et
j'imagine le soleil arriver
l'air de rien pour
lancer à l'automne
plein de feuilles
rouges givrées
enlève ton
déguisement d'hiver
je t'ai reconnu
Parfois ce n'est que
cette même pensée lénifiante qui
décrochant un invisible sourire
nous réveille et
nous endort
Une certitude profonde
diluée dans le néant
que tout n'est pas perdu
Donne contre
bons soins
insomnies récurrentes
et nuits
fatalement écourtées avec
vue sur chaque
lever de soleil
Toute belle et
douce journée
qui se respecte laisse
tomber derrière elle
(sans s'en apercevoir)
petite pluie et feuilles mortes
éclaircies et poussière
il arrive même
plus rarement qu'une éclipse
de retrouver au bord
d'un fossé ou d'un lac
la soie rose de son aube
ou son parfum d'ennui
On entre dans
certains jours
comme on va
à la pêche
ne sachant pas sur
quoi on va tomber
Tiens
ce matin c'est
une boîte de conserve
La poussière
en suspension dans
la lumière
ne représente
pas la même menace selon
que l'on attend un
impossible miracle
ou un
prévisible désastre
On ne sait
jamais vraiment
comment ni pourquoi
tout ça
arrive ou bien
n'arrive jamais et
chaque fois au demeurant
il faut apprendre à
se parer d'une tristesse
sans nom ou
au contraire à
devenir le plus heureux
du monde
Je me sens
tellement bien
(à cet instant précis)
Le chat s'est endormi
le long du
courant d'air
reliant la fenêtre où
je me suis assis à
une porte lointaine qui
harmonieusement grince
Soudain la brume
s'est dissipée et
le soleil s'est
engouffré partout
dans chacun et dans tout
au plus intime des êtres
au plus profond des choses
Il était à deux doigts de
réchauffer un cœur