À la sauvette

 

L'ennui ouvre son impair

sur la doublure alignés

un claquement

de doigts

un clignement d'œil

un battement

de cœur

un haussement d'épaule

Qu'est-ce qu'il vous faut ?

100% coton

 

Le ciel est

immensément bleu

Il n'y a pas

un seul nuage

si ce n'est celui

dans lequel

je suis resté

Comment aimerais-tu que ça finisse ?

 

Être bouton

de robe 

libre du dernier fil

tombant dans le silence 

et roulant

sous un meuble

Horaires aux arrêts


14 juillet

Le ciel 

ne prend pas

de voyageurs

Cours d'écriture (Premier gratuit)

 

On y va

Allez

en rythme

Ouvrez grand les guillemets

Voilà c'est ça

plus grand

encore

voiiiiiiiilà

Maintenant fermez 

les parenthèses

Toutes les parenthèses

Je vois encore 

des parenthèses ouvertes

Fermez touuuuutes 

les parenthèses

Bien 

Parfait

À présent 

fermez les points

serrez les points

oui comme ça

aussi fort que 

vous le pouvez 

Voilà

Vous pouvez relâcher

C'est tout pour aujourd'hui

Des choses qui brûlent

 

Nous sommes

de petits feux

sous d'immenses averses

de minuscules

frissons d'été

des soupirs vains

dans le vent

des cœurs 

qui rebondissent

les braises mourantes

de l'aube

Laissez passer

 

On ne sait 

jamais vraiment

si le bonheur exige

un mot de sortie

ou

un droit d'entrée

Sentinelles assoupies

 

Il y a

de mauvaises clés

Il y a 

de mauvaises portes

Par chance 

il y a

de jolis paillassons

Prendre ou laisser

 

Le jour dit

C'est à prendre

ou à laisser

Et puis

tu te laisses prendre

Une histoire de rendement

 

Alors faisons

les choses

deux fois

à moitié

Tomber du lit


À l'heure où

les cauchemars 

s'entraînent

et les rêves

dorment encore

Jamais trop tôt pour l'insomnie


Se coucher

avec les poules

qui auront

des dents

Mélange


Chaque aube

se dessine ainsi

Un peu de rouge 

un peu de noir

une touche de bleu

Et l'infinie 

toile vide du jour

Bouquet final


Parfois

être cet empoté

qui s'est planté

qu'on a cueilli

Cache-cache



Des peurs simples d'enfants 

de perdre et

de se perdre 

Pourtant parfois

l'aspiration de dire

au monde entier

Je vais me cacher et 

tu ne me trouveras jamais 

Chacun son tour


Et parfois

c'est la vie

qui te croque

à pleines dents

Défauts de fabrication


Nous sommes étanches

jusqu'à certaines profondeurs

et incassables

depuis certaines hauteurs

Par mesure

de precaution

il reste conseillé

de garder

la tête hors de l'eau

et les pieds 

bien sur terre

Intact


J'ai compté

les moutons et 

les mouches

J'ai bullé

de toutes les tailles

Certaines

se sont envolées et

d'autres ont éclaté

Je suis resté 

intact

dans la mienne 

Combien je vous en mets ?


Trois fois rien

Deux fois plus

Un peu moins 

Faites-moi voir

Enlevez en 

un peu et

ajoutez donc ça 

Et puis merde 

ne vous embêtez pas

Je prends tout

Ce qui


Je ne sais pas

ce qui me pousse

je ne sais pas

ce qui me retient

mais je sais

ce qui me porte 

Machinalement


Il marche

machinalement

Elle le suit

machinalement

Plusieurs fois 

par jour

il sort

promener son ombre 

Sans filet


Errer

à l'heure où

le soleil nous

emporte dans

sa chute

Semer


Le temps

nous échappe

Excès de vitesse

et délit de fuite 

Préférences


Je n'ai rien contre les

Il pleut encore

mais je préfère les

Il pleut enfin

La vie serait plus douce


Si les oiseaux

tombés du nid

rebondissaient

Un peu de pluie


Flic flac floc

j'ai le rythme

sur la peau

Débordement


Un si large sourire

qu'il dépasse

d'un souvenir

Ballet


Mille doutes planent

et 

mille doutes se posent

et 

mille doutes s'envolent

et 

mille doutes reviennent