Grotte
Quand je me retrouve nez à nez avec la lumière impudique du matin, je me dis qu'on en a de la chance de pouvoir se terrer dans la grotte sombre des nuits mystérieuses.
Funambule
Hameçon

Patinoire de goudron sur l'autoroute désaffectée.
Les mômes narguent le soleil et strient la glace noire
d'empreintes de caoutchouc baveux.
Leurs silhouettes s'enfuient soudain,
plantées sur des vélos rouillés,
vers des cieux d'herbes fraiches
et de poissons nacrés.
Bientôt les gamins disparaissent au loin
comme des hameçons dans le ventre du ciel.
Les mômes narguent le soleil et strient la glace noire
d'empreintes de caoutchouc baveux.
Leurs silhouettes s'enfuient soudain,
plantées sur des vélos rouillés,
vers des cieux d'herbes fraiches
et de poissons nacrés.
Bientôt les gamins disparaissent au loin
comme des hameçons dans le ventre du ciel.
Combustible
Heureux
Transpiration
Oeil de bœuf
Wagon
Effeuiller
Stalactite
Plastique
Carrière
Bordel

Un couteau rouge sang, des mots gribouillés à l'indélébile, des sourires presque effacés, des moments chauds en milieux froids, des projets jetés maladroitement sur les parois, des yeux vairons, des odeurs de charogne, et des peaux caressées. Un jour, il faudra vraiment qu'il fasse le tri dans sa tête.
Jour / nuit
Formol
Crépuscules
J'aimerais m'allonger dans ces crépuscules en mousse, pour contempler ce que reflètent les yeux des prédateurs, la rosée timide des matins rouillés, et les eaux ocres de nos campagnes embuées.
Envol
C'est ce jour là seulement, quand il a compris qu'il passait son temps à piétiner la terre, qu'il a appris à voler.
Architecte

Il a toujours construit des arcs prêts à être posés sur le ciel, son atelier était une palette de peintre et quand on en repartait nos chaussures graissaient des couleurs sur les chemins gris des forêts. C'était le dernier architecte du ciel, qui parfois posait un nuage ça et là, entre deux oiseaux suspendus aux étoiles. La seule chose qui pouvait le mettre en rogne pour longtemps était qu'on ouvre sa grande armoire en ébène. C'était là qu'il rangeait les nuages gris, les fioles d'eau de pluie, et les éclairs puissants qu'il n'utilisait que de temps à autre pour qu'on parle un peu de lui ici bas.
Enterrement

Elle l'a roulé en boule dans un drap troué, puis s'est engagée sur le sentier le tenant à bout de bras, le plus loin possible de ses hanches. Elle a marché plus lentement qu'elle ne l'avait jamais fait. Certains arbres semblaient se moquer d'elle, d'autres lui facilitaient le passage et l'aidaient presque à tenir le coup. Elle n'avait jamais pris conscience qu'il était aussi lourd. Un peu de poils dans un drap troué n'aurait d'ailleurs jamais du être aussi pesant pour ses épaules. Ils ont marché tous les deux, la mort se servant de la vie comme d'une béquille. Parfois elle s'arrêtait, soufflait, crachait sur des champignons mal placés ou sur des mûres pas encore sauvages. Quand elle a été satisfaite de l'endroit, elle a posé le drap dans un coin de la vie, puis s'est mise à creuser la terre de ses ongles cassants. Elle s'acharnait, se battant régulièrement avec de gros cailloux prisonniers des sous-sols terrestres. Le petit trou est devenu une crevasse, puis un tombeau profond. Elle a repris le drap, chialé un coup, puis l'a jeté dans sa dernière demeure. Dans sa chute, le drap a laissé entrevoir une patte de son chat. Elle n'a pas jugé nécessaire de la recouvrir. C'était finalement pas mal d'avoir un pied en dehors de tout ça. Elle a remis la terre jusqu'à faire disparaître le trou. Avant de repartir vaquer à ses occupations, elle a craché sur la terre fraîche qui allait, dès qu'elle aurait le dos tourné, se jeter sur lui et le dévorer jusqu'à l'os.
Rayon
Interpretation
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