Te fais pas de bile


Les oiseaux volent
plus bas que d'habitude
le ciel semble à
portée de main
Pour ce qui est
de décrocher la lune
t'inquiète
on y travaille

Alerte orange


Cette présentatrice météo
a réussi à
me mettre le doute
Je ne sais même plus
si je dois écrire
des poèmes rafraîchissants
ou qui réchauffent
le cœur

Symétrie


Et la branche morte
s'est posée
sur la carcasse
de l'oiseau

En tongs


Un peu
de tourisme
au bord
du gouffre

Abattue


On l'a retrouvée
étendue sur
son canapé
rouée de coups de blues

Le meilleur fruit


La prunelle
de tes yeux
se dévore
en toutes saisons

Que les hostilités commencent


Un fruit pourri
libère ses moucherons
au dessus de la corbeille
m'élevant sur le champ
au rang de
Dark Vador des cuisines

Toujours là

© photo : Charles Marville

Tout comme son sourire
revient indéfectiblement
se poser au bord
de mes angoisses
cette année encore
les myosotis ont fleuri
près des chiottes publiques

À chaque jour sa technique


Certains jours sont
à escalader
d'autres à descendre
comme des toboggans
Ne parlons pas
de ceux sur lesquels
il faut tenir
en équilibre

À emporter


La poésie aussi
aura son drive
Il y aura la queue
La voix dans la borne
demandera quel genre
de poème vous voulez
Il y aura aussi des
poèmes pour les enfants
et des maxi poèmes
avec des vers énormes
Vous payerez et
avancerez au dernier guichet
Une fois sur deux
ils auront oublié
de vous mettre
le titre ou le nom
de l'auteur

De quel bois

© photo : Ralph Morse

Je la regarde
partir énervée
sous son parapluie
On dirait que
ce sont les gouttes de pluie
qui se protègent d'elle

On aurait beau inverser les rôles


Les oiseaux rugiraient
on donnerait
du pain aux lions
l'obscurité aurait
peur des enfants
L'homme lui
fidèle à sa connerie
ne changerait pas

Glouglou


L'aube avale
la lune
quelques oiseaux
un chat errant
pisse une couleur

Un agneau


Il ne ferait
pas de mal à
une mouche
La pire de
ses insultes
pourrait facilement
devenir une
déclaration d'amour

Parution - Le Cafard Hérétique - Hors-série #1 - Printemps 2017


Le premier Hors-série du Cafard Hérétique, édité par les éditions Lunatique, vient de paraître, et il est tout beau ! Ravi d'avoir glissé une petite contribution à l'intérieur.

Extrait de l'édito : 

"Après un clin d’œil et deux numéros Timult-ueux  ourlés de bleu, Le Cafard hérétique s’est laissé séduire par les coups de pinceau de Francis Caudron, un artiste rouennais à l’univers bigarré, chamarré, inventif et luxuriant, tantôt facétieux, tantôt grave, qui sans cesse dans un mouvement spontané ou étudié interroge le signe, l’écriture, en quête d’une lecture qu’offrent ici les mots des poètes recueillis."

Au sommaire :

Alexandre Nicolas, Alteilton Fonseca (traduit du brésilien par Stéphane Chao), Ève Vila, Gérard Chambre, Jean-Pierre de Sélys, Jessica C., Julien Boutreux, Léo Lecomte, Mael Le Guennec, Marie-France Ochsnbein, Philippe Vourch, Saïd Mohamed, Sandra Bechtel, Stéphanie Marius, Thierry Moral, Viviane Campomar, Antonin Crenn, Angèle Casanova, Cleo Jansen, Guillaume Siaudeau, Jean-Marc Sire, Marlène Tissot, Wim de Vlaams, Yan Kouton, Pearlbooksedition, Francis Caudron.

Merci à Pascale pour l'accueil !

Profitez-en messieurs-dames !


Il semblerait bien que
le cours de
tout ce qui n'a
pas de prix
soit à la hausse

Déjouer les plans


L'air est moite et
le butin promet
d'être beau
près de la tarte aux prunes
posée sur la fenêtre
3 abeilles se préparent
au plus grand casse du siècle
Soudain un rire d'enfant fait
tout capoter

Derrière les volets


Une nuit dodue
repue de rêves
et d'insectes
s'en revient sifflotant
un courant d'air
long comme une ville endormie
sous le bras

Lire en poche


La dictature des ronces, réédité chez Pocket l'an dernier, est sélectionné pour le prix Lire en poche 2017, qui sera décerné lors du salon se déroulant du 6 au 8 octobre à Gradignan. Toutes les infos et les autres livres sélectionnés ICI !

Au bout du village


La vieille maison
ne tient plus
que par quelques poutres
abandonnées au vent
Au milieu du jardin
une fleur fanée
confie à une bière vide
son calvaire

Sans moi


Le jour s'est levé
le vent s'est levé
pas moi

Même pas peur


La routine est
un soleil
déguisé en lune

Shoot


Ton sourire et
les oiseaux
bossent pour
le même dealer

Cordée


Il en fait
des montagnes
elle s'occupe
des piolets

Il nous attend


Dans la salle
de réveil
un vieux crache
ses poumons
une femme gémit
un enfant en larmes
raconte son cauchemar
à une infirmière
Un gigantesque soleil
3 fois la taille
de nos misères
vient de poser son cul
sur le rebord
de la fenêtre

Pas trop saignant


"Un petit roman grinçant, lucide, un peu nanar, chargé d'humour noir : où les "gens bien" sont méprisables et détestables ; où le fuyard et les comparses qui prennent des risques pour lui, attirent la sympathie. Un petit livre dont la rémanence subsiste longtemps après le mot "fin""

Grand merci à Jeanine Rivais pour son retour de lecture, à lire ICI !

Contre vents et marées


Le temps change
les humeurs
les gens
certains sourires
Malgré tout
nous tenons bon
arrimés à
une poignée de rêves
indéracinables

Laisser le temps


Petit à
petit à
petit à
petit à
petit à
petit à
de taille moyenne