Un joyau dans le silence


Seul
au milieu du champ
étendu dans
l'herbe molletonnée
à attendre un rêve
en retard
Une fois que l'avion
a tiré un trait
sur le ciel
ne reste que
le long murmure
d'une abeille
faisant l'amour
à une fleur

La Matière Noire


Courant juillet sortira mon prochain recueil (numérique),
"Ces bus qui n'arrivent pas",
aux toutes nouvelles éditions La Matière Noire.
En attendant, pour découvrir cette chouette maison d'édition, 
voici leur programme des festivités pour les semaines à venir : CLIC

À la pêche aux idées


Hier
alors que je flottais
bredouille d'idées
au large
d'un long après-midi
un filet d'air
bombé de silence
est venu gratifier
ma solitude

La bonne température


Le temps se gâte
des glaçons tombent du ciel
il tend son verre et
récolte ce qu'il peut
Le sol se goinfre et ricane
Il regarde son verre
le jaune y a pris la couleur
de la bonne température
Il contemple impuissant
le champ de bataille blanc 
disparaître
réalise l'ampleur du gâchis
Combien d'apéritifs sacrifiés ?

Parution - L'Ampoule n°8 - juin 2013


Une nouvelle dans le n°8 de L'Ampoule, 
revue numérique des Éditions de l'Abat-Jour.
Au sommaire : Stéphane Werth, Charles Louis, A.V. Mayer, Céline Mayeur, Pascal Delamarre, Antonia Bellemin, Raymond Penblanc, Jacques Cauda, Pierre-Axel Tourmente, Marc Laumonier, Muriel Friboulet, Nicolas Gracias, Guillaume Siaudeau, Benoît Patris, Christian Attard, Mat Lest, Philippe Sarr, Antonella Fiori, Wladimir Lentzy, Barbara Marshall, Barbara Albeck, Philippe Choffat, Marianne Desroziers, Marray et Hugues Breton.
Pour consulter la revue , rendez-vous ICI.

Bien aiguisé


Un petit éclat d'amour
se planta dans
son regard
empourprant ses joues
et sectionnant
ses mots

Comme un sou neuf


Tu t'immerges dans
cette heure tardive
comme dans un bain chaud
Tu te délasses
Ta fatigue attend
juste à côté
le sommeil
tel une serviette
au bout du bras

Bien reçu


J'accuse
réception
de ton sourire

Les secrets d'une digestion réussie


Il faut mastiquer
plusieurs fois
il faut attendrir et 
souiller convenablement
les aliments
avant de les avaler
Voilà l'unique secret
d'une digestion réussie
Il faut
savoir reproduire
la même chose avec
ses erreurs

Cabine d'essayage


Le ciel hésite
entre la rouge
et la bleue
finalement il enfile
sa robe des jours
d'enterrement

Bien essayé...


Cette nuit
un vers luisant
s'est pris pour
un lampadaire
une expiration
pour une tempête
un rêve à tout fait
pour ressembler à
un film américain
mais finalement
seule mon insomnie
est vraiment parvenue
à se faire passer
pour un siècle

Tenir en équilibre


Tout est histoire
d'équilibre entre
mes écorchures
et tes caresses

Remuez bien jusqu'à ébullition


On meurt
à petit feu
et la vie
cuit doucement
les souvenirs
se mélangent
il suffit de bien suivre
la recette

Tous ces sourires qui risquent leur vie


Combien de sourires
nous séparent
de nos démons ?

Sur les épaules


La journée à été longue
il prend le chemin
du retour avec
la nuit sur les épaules
comme un enfant
au visage sale
qui gigote et qui rit
qui ne veut plus descendre
et qu'il ramène
à son taudis
qu'il couche et puis qu'il borde
qui s'endort près de lui

Du pareil au même


Entrer dans
les jours gris
en démêlant la brume
comme on sort
d'un mauvais rêve

Sans se brûler


Il est l'heure pour
les rapaces nocturnes
de fermer les paupières
le monde est un oreiller d'argent
l'aube brûle l'horizon
par les deux bouts et
blottis contre la fenêtre
mes yeux jouent
avec le feu

Se perdre au pied des arbres


Ces débuts
d'après-midi blonds
au pied des arbres
où l'ombre pesante
qui t'a suivi jusque là
fait tout à coup
moins la maline

Starting-blocks


Parfois les poèmes
partent de rien
au quart de tour
Pour ne rien vous cacher
celui-ci
vient même de faire
un faux départ

Numéro d'improvisation


Quand tout
reprend son cours
après une longue nuit
après une brève mort
Quand le chef d'orchestre
à brisé sa baguette
et que sans lui il faut
conclure la mélodie