Une explication possible


Les jours raccourcissent
pour que
les silences s'allongent

Un bout de chemin


Il y a
un monde entre
nos deux façons
de voir les choses
et je suis
à pied

Expédiés par le passé


Nous sommes
des colis
plus ou moins gros
plus ou moins vides
que le présent
s'en va livrer
à l'avenir

De justesse


Ça ne m'a pas
traversé l'esprit
mais c'était
à deux doigts

Brouiller les sens


La couleur de sa voix
le bruit de son parfum
l'arôme de son regard

Poème échantillon


Ce matin le ciel
ne tient pas
dans un seul poème
Voici donc
un échantillon

Privilège


La tête en l'air
souvent dans les nuages
Mon jet privé

Colibri


Elle bat
des paupières
un tracas s'envole

Insultes et baisers


Elle partage
équitablement sa salive
entre ses ennemis
et ses amours

Pas sommeil


La nuit tricote
des rêves
je m'amuse avec
les pelotes

Un peu de calcul


L'espoir est égal à
l'intensité de la lumière
multipliée par
la puissance totale
des chants d'oiseaux
le tout divisé par
le volume global
des désillusions

Et elles étaient bien l'une dans l'autre


Après mots doux
et baisers
ils en sont venus
aux mains

La dictature des ronces - Extrait


"La puissance de l’eau sur ma conscience. Son étau. Son projet de tout engloutir et puis son renoncement. À ce moment précis, j’ai eu la conviction qu’elle aurait pu ramener à la vie ou tuer n’importe qui. C’était une puissance retenue. Un mastodonte de plume. Un animal féroce qui s’était endormi près d’un arbre et que le sommeil avait désarmé. J’étais l’insecte venu se poser sur son museau sans faire de bruit, au-dessus de ses rêves. L’insecte qui explorait une fourrure dont la lumière était en train de vanter les mérites."

Voilà, il est en route pour l'impression. Rendez-vous le 5 mars !

F***


Et puis merde
ce juron lancé
dans la cage d'escalier
à 6 heures ce matin
méritait bien
un poème

Leur plat préféré


Nous nous sommes assis
côte à côte
et nos ombres
se sont étendues
à nos pieds
Elles me font penser à
deux chevaux attachés
devant un saloon
On ne saurait dire
si elles dorment ou
si elles attendent impatiemment
que l'on reparte
De vrais cow-boys
leur auraient 
probablement donné
du foin
pour patienter
mais nous savons bien que
nos ombres
sont plutôt du genre à
se goinfrer
de silence

Sur les rails


Ton sourire
est un train
qui transporte l'espoir
d'une nuit
à une autre

À contre-courant


Ils remontent
la pente
en descendant
des verres

Paranoïa


Les nuages cachent 
quelque chose
Les piafs parlent
dans mon dos
J'hésite à confier
mon semblant 
de bonne humeur
à la lumière
Manquerait plus que 
les rêves
ne soient en fait
qu'un mensonge
de la nuit

Garde rapprochée


On ne peut pas
lui couper la parole
Chacun de ses mots
est escorté
par plusieurs postillons

Du juste dosage de l'air


C'est pas demain que
nos soupirs
claqueront des portes
Remarquez
on n'a jamais vu
non plus
une bourrasque
parler d'ennui

Rencontre au sommet


Sans doute à force
de chercher une issue
coûte que coûte
de creuser leur tunnel
chacun de leur côté
de la masse épaisse
le soleil et nos yeux
ont fini par
transpercer la brume
au même endroit

Biscornu


Tout ce qui
ne tourne pas rond
tout ce qui
ne file pas droit
tout se qui
se barre en couille
tout ce que
la difformité empêche
de suivre les voies
toutes tracées
n'a aucun mal
à arriver
au plus profond
de moi

Relogement


Il habite désormais
un minuscule
studio en bois
avec vue
sous le cimetière

Il en ferait bien son 4h


Chaque fois
qu'il la voit
il se met à
manger ses mots
et boire 
ses paroles

Savant dosage


L'ennui n'est que 
le mélange
parfaitement équilibré
de l'agonie et 
du bien-être

Bling-bling


Ce soir le ciel
a bien trop d'étoiles
pour être honnête

Ouvre bien grand tes oreilles


La ruse consisterait
à faire de l'imprévu
notre routine