Qui nous mangera ?


Disons que la vie est
un sandwich
Cette nuit
une fine tranche
sur mayonnaise d'étoiles
Ton petit corps errant
un cornichon

Livres Hebdo - Février 2015


Un grand merci à Jean-Claude Perrier, pour cette première belle chronique à propos de La dictature des ronces, dans le Livres Hebdo paru hier !

Vise le pétale


Sur le trottoir
un pétale de fleur
en fait des caisses
s'arrête et puis repart
tord du cul
dans le vent
passe comme un rêve
entre un mollard
une merde de chien
et un mégot
sur la fin

L'aiguille dans le ballon


Des heures
gonflées d'ennui
et la sonnerie perçante
du téléphone

Repos à l'ombre


Quel soulagement parfois
de n'être plus que
cette zone d'ombre
que le soleil épargne

Ça mijote


Nos cerveaux
deviennent marmelade
Nous faisons
toute une tartine
de nos plaies

Copie conforme

© photo : Friedrich Seidenstücker

Ce matin
ta peau est
la copie conforme
de mes projets

Étiquetés


T'as jamais eu
cette impression
d'être un bagage que
la vie trimballe
à droite à gauche
qu'elle entasse avec
d'autres bagages
et reprend
le plus naturellement du monde
le moins délicatement du monde
puis qu'elle range
dans l'armoire
jusqu'au prochain voyage ?

Détachement


Petite larme ovoïde
suspendue à
son menton
Fruit du chagrin
prêt à tomber

Pour en arriver là


Ce mot
a dû
escalader
ce poème

Entretenir la flamme


Il y a un feu
de cheminée
dans ton cœur
Chaque jour tu sors
couper du bois

Englouti


En une seule bouchée
En une seule gorgée
En une seule bouffée
En une seule vie

Apprendre à relativiser

© photo : Thomas Czarnecki

Nous vivons
des contes de fées
en pire

À l'origine


Deux masses serrées
l'une contre l'autre
Plumes trempées
becs huileux
La friction de
deux oiseaux
engendre l'éclaircie

Des années de bibine


Le rhum
ne l'a pas défait
en un jour

Histoire de te rassurer


C'est vrai qu'en ce moment
je passe plus de temps
avec mon froc
qu'avec toi mais
je voulais que tu saches
tes mains sont bien
plus confortables
que mes poches

Mieux qu'une douche froide


Aujourd'hui
les mots remplacent
mes pas
et je m'en vais pieds nus
dans la neige

Une bouchée


Je suis ce prédateur
qui attend de
croquer la vie
au bord de l'ennui

Articule quand tu tombes


Je ne comprends pas
son charabia
La pluie a une
prononciation hasardeuse
Bégaiement de gouttes
patate chaude
dans la bouche
Je distingue
quelques mots
je comprends
recouche-toi

Sous la souche


Des hommes grouillent
sous le ciel
qui bossent
se croisent et
se montent dessus
On jurerait des insectes
sous une souche
de bois mort

Attachez vos ceintures


Nous entrons dans
une zone de turbulence
Nous nous prenons
la réalité
en pleine face
Merci de vous accrocher
à vos rêves

Feuilles mortes vivantes


L'automne a pris soin d'enterrer
quelques cadavres 
de feuilles
dans mes souvenirs
Ils sortent ce matin
de leur tombe
pour hanter
ce poème

Je les suis de loin


Un vacarme squelettique et
un silence obèse
cheminent main
dans la main
le long de
la nuit

Cas exceptionnels


Finalement
très peu de gens
succombent au poison
de l'amanite tue-mouche
avant tout parce qu'elle est
reconnaissable entre 1000
Il en va de même pour
les ennuis mortels

Dans le dos


Certains matins
nous sommes
cette fleur
presque à terre
qui se dit
c'est bon
je crois qu'il reste
encore assez de vent pour
vibrer encore un peu

Flic floc


Jusqu'à
la dernière goutte
l'averse m'a parlé
de toi

Cascadeur de plumard


Je tombe
de sommeil
et mes écorchures
sont des rêves

Mentions obligatoires


Une de ces journées
terriblement emmerdantes
qu'on remplit comme
un formulaire