Over the top (sur mon balcon)


L'abeille et le froid
font un bras de fer
L'automne a mis
sa casquette à l'envers
C'est assez serré
ça penche d'un côté
puis de l'autre
L'abeille s'accroche
Le froid s'accroche
Aucun des deux
ne veut céder
À un moment donné
on entend un dernier
bzz bzz
puis l'automne
s'étire et s'écrie
Suivant !

Entre deux absences


Se fendre
d'un éclair
de lucidité

poème-charpie


Mille excuses
j'avais ce poème sur
le bout de la langue
quand j'ai décidé
de la donner
au chat

Frankenstein de la pluie


Ce matin les passants
tirent une gueule
pas possible
Ce matin il fait gris
et il flotte
Tout ça est surement lié
Mieux
cela ne m'étonnerait pas
que l'homme ait été
créé de toutes pièces
par une averse

L'un dans l'autre...


Se blottir
contre un poème
est impossible
On ne peut
pas non plus
faire tenir un gros chien
sur un post-it

Effervescente


Ce soir
elle prend un bain
Il paraît que
la solitude
se dissout
dans l'eau

Au pays des coquelicots


Je serai ce samedi 18 et dimanche 19 octobre au Salon du livre d'Albert. Il paraît qu'il y aura des coquelicots... Au plaisir de trinquer avec vous !

Je guette son retour


Je nourris l'espoir
je caresse l'espoir
je lui ouvre
à n'importe quelle heure
de la nuit
Je dors
avec lui
je le soigne
Parfois je m'inquiète
de ne pas le voir
pendant des semaines

Tout bas


Le jour avance
sur la pointe des pieds
traverse la chambre
chuchote quelques ombres
se retient de pouffer
se fait tout petit
et au bout d'un moment 
se relâche
se met à parler 
de vive voix
maintenant qu'il se sait
sorti d'affaire
Sauvé
il a enfin
semé la nuit

Sur le fil


Après avoir
quitté le sien
mon regard
s'est posé
sur le fil électrique
à côté
d'un oiseau

Plein les mains


Plus de place
pour les caresses
ou quelqu'autre truc
du genre
Faudra faire avec
Ses deux mains
sont pleines
Il vient de prendre
son courage

Mieux que de la matière grise


Le site de La Matière Noire fait peau neuve, et sa peau est toute douce, allez-y jeter un œil !
Et au passage, "Ces bus qui n'arrivent pas" est toujours disponible ICI.
Bonne balade dans la matière.

Le rencard


L'obscurité domine
la ville
Quelques étoiles
se fraient un chemin
dans la nuit
Quelques fenêtres
son ouvertes et
quelques yeux viennent
à leur rencontre
Quelques rêves
en profitent
Quelques cœurs
s'en contentent

Léthargie


Dans la torpeur
des fins d'après-midi
certains de nos soupirs
se prennent pour
des déflagrations

Échappatoire


Rêver n'est pas
si compliqué
que ça
La réalité
est une prison
avec la clé
sur la porte

Communicatif


Elle explose
de rire
j'en ai plein
le visage

À la baguette


Quand l'âne
a besoin
d'une carotte
ou le fauve
d'un ou deux
claquements de fouet
le poème
ne demande
que quelques mots

C'est une erreur


La vie doit être
tellement plus simple
lorsqu'on prend
chaque sourire
chaque baiser
chaque insulte
pour du courrier livré
à la mauvaise adresse

Le p'tit mégot plein de rouge à lèvres


Elle l'a traité
une dernière fois
de pauvre type
en pleurant
avant de jeter son mégot
plein de rouge à lèvres
sur les rails
Puis son train est parti
Lui fixe le p'tit mégot
qui fume encore
C'est tout ce qu'il lui reste d'elle
quelques braises
une petite cheminée
au milieu de l'hiver
qu'il essaie de maintenir en vie
Subitement il prend conscience
qu'il n'a plus de bois

Piqûre de rappel...


Je serai donc présent ce week-end aux Cafés littéraires de Montélimar, en compagnie de tout un tas d'autres auteurs.
Je serai aujourd'hui à 15h et dimanche à 10h30, dans la belle nougâterie Arnaud Soubeyran.
Au plaisir de vous y rencontrer...

Par ailleurs, La ponctualité des escargots peut désormais être commandé en ligne, donc pour ceux qui ont paumé leur chéquier dans une machine à laver ou sur un trottoir, et qui souhaiteraient l'acquérir, ça se passe ICI.

Nature de substitution


Ici les routes
ont remplacé
les arbres
alors les oiseaux
sont devenus
des klaxons

Publication - La ponctualité des escargots - septembre 2014 - Éditions du Petit Véhicule


"Le grand-père demande à l’enfant de lever la tête. Le cerisier est haut, qui semble plus près du ciel que de la terre. Tous deux fixent maintenant la cime de l’arbre. Il ne subsiste aucun soleil pour les éblouir. Tout est très net, juste quelques moucherons et les fruits haut-perchés. Le vieil homme souffle à l’enfant que les cerises sont un peu comme les hommes. Puis l’une d’elles se détache, tout en haut. Ils la regardent tomber, plus légère qu’une respiration dans le silence. La cerise s’écrase sur le sol. Leurs yeux peuvent entrevoir la petite fente naissante dans la chair rouge. Et entendre l’immensité autour de la cerise. Soudain, il n’existe rien de plus seul que cette cerise abattue à leurs pieds."

La ponctualité des escargots
Guillaume Siaudeau
Illustration de couverture / Magali Planès 
4ème de couv' / Stéphane Beau (merci à lui !)
54 pages - 45 textes - 10 euros



Édition de luxe
Numérotée et signée
20 euros

Pour commander, vous pouvez envoyer un chèque de 12 euros (10 euros + 2 euros de frais de port) pour l'édition classique, ou de 22 euros (20 + 2 euros de frais de port) pour l'édition de luxe, à : 

Éditions du Petit Véhicule
20 rue du Coudray
44000 Nantes

Vous pouvez aussi m'envoyer un mail, j'ai un peu de stock ici...
Bises baveuses !

Boule à neige


Elle a remué
ciel et terre
il s'est mis
à neiger

Cafés littéraires de Montélimar


Je participerai, ce samedi et dimanche 4 et 5 octobre, aux cafés littéraires de Montélimar, et je serai bien entouré :


Pour en savoir plus sur l'évènement et consulter le programme, c'est par ICI.
Au plaisir de vous y croiser !

Difformes


Les trains passent
comme le temps
ils déforment
les visages

Balles perdues


Nul ne saurais dire
si ces deux-là
s'aiment encore
Ils sont une armée
de sentiments
qui ne marchent plus
au pas
Qui ont oublié
leurs flingues
près de la rivière
Qui ne savent plus pourquoi
ils se sont engagés
Ils attendent le bon moment
pour déserter
Chacun de leurs baisers est
une balle perdue

En conférence


La nuit commence
son exposé
Un ou deux
animaux sauvages
posent des questions
Le sol prend
des notes
Le ciel mâchouille
le bout des arbres
Un par un
les hommes
s'endorment

Menu du jour


Près de l'usine
le soleil transforme
les papillons en chips
les amours en ragoût
les ombres en gruyère
les rêves en compote