Grande vitesse

 

Le temps

passe si vite 

Il faut

sauter dedans

Il faut

s'y accrocher 

et tenir la cadence

Il faut 

que chaque escale

émerveille et parvienne 

à nous faire oublier 

où l'on va

Labyrinthes

 

Et c'est là

tout notre mystère

Nous sommes 

à l'intérieur

emplis de mille portes

et certains 

les enfoncent

quand d'autres

les entrouvrent

ou encore

y chuchotent

parfois même

les repeignent

Fragrance

 

Les petits matins

d'automne

ont un discret parfum de pluie

dans le cou

Sous les plumes

 

Faire confiance aveugle

à l'envergure 

du jour

dont les ailes déployées

protègent un peu

nos rêves

Appât

 

Au creux de la main

quelques étoiles

et dans l'œil

cette noirceur

sans fond

La nuit t'apprivoise

Chacun ses goûts

 

Le vent aime 

les cheveux

les robes

les tissus oubliés

des cordes à linge

renverser les poubelles

et pousser les mégots

l'herbe mouillée

la fumée

les feuilles

qu'elles soient mortes

ou vivantes

Le vent aime 

la pluie

les cils

les arbres

comme les fleurs

la pierre

moins que le bois

les écharpes mal nouées

les plumes et

la poussière

certains nuages

les dos et

les visages

les larmes

les jours qui

n'en finissent jamais

les nuits trop longues

le feu

les cendres

Le vent aime

l'horizon 

mais déteste

les murs

La grande aventure

 

S'extraire minutieusement

du lit 

qui nous tenait au chaud

sauter

d'un rêve

arpenter

un nuage

plonger

dans un livre

s'écarter

de la ligne

Brûler

d'un souvenir 

plus ardent

que le feu