Corps parallèles


Les longues nuits parallèles
Les grasses matinées parallèles
Les confidences parallèles
Les horizons parallèles
Les bains chauds parallèles
Les mains parallèles
Les morts parallèles

Au bout de la route


Je ne sais pas
où nous allons
comme ça avec
si peu d'essence
dans le réservoir avec
cette pile de rêves
mal pliés
dans le coffre
et quelques cadavres
de souvenirs
sur la banquette arrière
Je ne sais pas
où nous allons
comme ça
à toute vitesse avec
ce drôle de sentiment
d'avoir oublié d'éteindre
le gaz

Sous le ciel gris


Ce soir-là le ciel
s'était mordu la langue
et ils s'étaient endormis
ruisselants
sur le palais du monde

Changement d'état


Dans la rue
quelques passants
encore confortablement
assoupis
se mesurent
à la lumière
avec le sursis
d'un glaçon
qu'on vient de sortir
du frigo

Nécrologie - Elena Petrova


La nécrologie d'Elena Petrova 
est à lire aujourd'hui chez Le Grand Bazart.

Croissance solaire


Le soleil
prend de la hauteur
le ciel est une toise
approximative
De sa courbe
de croissance
dépend
notre rapport
instable
avec la nuit

Bouquet de viande sous l'Abat-Jour


Une nouvelle inédite, "Bouquet de viande", 
 est à lire ce matin sur le site des éditions de l'Abat-Jour.
Par ICI !

Parution - Microbe n°70 - mars 2012


Le nouveau Microbe arrive !

Au sommaire :
Illustrations de Martine Zimmer
Textes de
Pierre Anselmet
Yve Bressande
Éric Dejaeger
Guillaume Decourt
Fabrice Farre
Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Philippe Goosens
Frédérick Houdaer
Diane Meunier
Jean-Jacques Nuel
Morgan Riet
Thierry Radière
Thierry Roquet
Salvatore Sanfilippo
Guillaume Siaudeau


Les abonnés le recevront dans quelques jours.
Les abonnés « + » recevront également le 33e mi(ni)crobe signé Paul Guiot : MAIS QUI SONT-ILS ? Comme d’habitude, les autres ne recevront rien. Pour tous renseignements, contactez Éric !

Chantier permanent


Chaque jour
nous retapons
les ruines
de la veille
et les sourires
nous servent
de ciment

Bases de l'origami


Il s'est plié
en quatre
pour qu'elle
soit pliée
en deux

La chute du jour


Le soir approche
comme un parachute
qui ne s'ouvre pas

Les privilèges du gonzo


Je compte bien
faire ma larve
toute la journée
en bon gonzo
qui se respecte
pour étudier
de plus près
l'absence prolongée
des mouches
à la saison froide
en appartement

Mastiquer la brume


Ce matin croquer
avec appétit dans
la chair du jour
et se rendre compte
que c'est
un chewing-gum

C'est une longue histoire...


J'aurais
vraiment aimé
vous raconter
ce truc
qui m'est arrivé
il y a quelque temps
mais c'est une
longue histoire
...
bien trop longue
pour un
si petit poème

Poème équilibriste

Jus de bouche


Un p'tit mot sur Jus de bouche 
chez Eric ce matin
Merci à lui !

L'heure du parfait équilibre


Entre
trop tard
et trop tôt
une joue posée
sur la paume
l'équilibre parfait
des paupières

L'école de la nature

© photo : Mark Hamblin

Le cerf brame
le serpent mord
le lapin détale
les nuages s'échappent
les herbes vibrent
le rapace patiente
l'homme apprend

Une histoire de merde et d'insomnie


Il arrive
que la nuit
ait du mal à
te digérer
que tu deviennes
un étron compact
qu'elle libère
dans la douleur
au petit matin

Geek


Superbe résolution
programmes riches et variés
aucune publicité
images plus vraies
que nature
effet 3D incomparable
Voilà pourquoi
Je passe
énormément de temps
planté devant
la fenêtre de la cuisine

Traitement du matin


Plusieurs gouttes
de lumière
dans les yeux
un milliardième d'averse
sur la langue
quelques piqûres
de vent
sur le visage

Plein les mains

© photo : Jacques Cormery

Elle a ramassé
l'oisillon mort
s'est sentie triste
et la couleur du ciel
ne faisait rien pour l'aider
C'est indéniable
nous préférons tous
les oiseaux vivants
pourtant
un jour ou l'autre
il nous faut apprendre
à emporter la mort
dans nos mains

Le coup du parapluie


Tu es sous la douche
il y a comme une averse
dans la salle de bains
Je t'imagine perdue
au milieu d'une clairière
les cheveux trempés
les lèvres humides
les yeux affolés
et soudain mon courage
me fait voler à ton secours
Je sais que tout ça
n'est pas vrai
que les choses
dont on rêve
trop fort
finissent en fumée
ou les tripes à l'air
au fond de la tête
mais j'aimerais tant
être ce parapluie
dans ta main
quand il pleut

Roméo et Juliette des trottoirs


Témoin
du mariage clandestin
entre un pétale de géranium
et une merde de chien

100 pas aiguisés


En attendant
qu'elle revienne
ses pas ont
transpercé la nuit
et fendu
la lumière

Les Dieux traînent dans les bars


Chaque soir
une poignée
de types
refait le monde
avec seulement
quelques litres
de pinard

Ne rien lâcher


Ne change pas
ton fusil d'épaule
change de fusil