Le vertige

 

Chaque seconde

4 enfants naissent et

2 personnes meurent

Il faut environ 2h30 pour

faire cuire 

un pot-au-feu

Après la virgule

 

La nuit est

une virgule et

ce matin

arrondissons-nous

au supérieur

Une éclaircie

 

Petit soleil d'hiver

nèfle gelée 

entre deux nuages

Loin de tout

 

On nous envelopperait dans 

dans du papier bulle et

puis dans un carton et 

on écrirait sur

la boîte

Attention fragile 

avant de

nous envoyer

à l'autre bout du monde

Bonheurs fugaces

 

Nous sommes

feux de joie

déclarés dans 

la paille

Orchestration

 

Harmoniser tant

que possible la

petite symphonie

qui mêle le blanc 

de l'œil

au métal

du ciel

Y retourner

 

Voyager dans 

le silence

un soupir 

pour monture

l'apaisement comme 

une arme

ce souvenir précieux

pour seule destination

Beaucoup

 

Il s'en est déjà

fallu de peu

Il s'en faudra

de peu

Il s'en faut toujours

de peu

pour que ça devienne

beaucoup

Alibi

 

J'enquête

sur la disparition 

des idées noires 

dans le vent

Goutte à goutte

 

Certains jours être

un synonyme

de pluie

Échantillon

 

La nuit touche

à sa fin

et les yeux s'ouvrent

à peine

Juste assez pour 

confondre

un fragment de ciel rose et 

l'extase absolue

Comme du verre

C'est très fragile

de chaque côté

des paupières

alors il faut cligner

très précautionneusement

Grande vitesse

 

Le temps

passe si vite 

Il faut

sauter dedans

Il faut

s'y accrocher 

et tenir la cadence

Il faut 

que chaque escale

émerveille et parvienne 

à nous faire oublier 

où l'on va

Labyrinthes

 

Et c'est là

tout notre mystère

Nous sommes 

à l'intérieur

emplis de mille portes

et certains 

les enfoncent

quand d'autres

les entrouvrent

ou encore

y chuchotent

parfois même

les repeignent

Fragrance

 

Les petits matins

d'automne

ont un discret parfum de pluie

dans le cou

Sous les plumes

 

Faire confiance aveugle

à l'envergure 

du jour

dont les ailes déployées

protègent un peu

nos rêves

Appât

 

Au creux de la main

quelques étoiles

et dans l'œil

cette noirceur

sans fond

La nuit t'apprivoise

Chacun ses goûts

 

Le vent aime 

les cheveux

les robes

les tissus oubliés

des cordes à linge

renverser les poubelles

et pousser les mégots

l'herbe mouillée

la fumée

les feuilles

qu'elles soient mortes

ou vivantes

Le vent aime 

la pluie

les cils

les arbres

comme les fleurs

la pierre

moins que le bois

les écharpes mal nouées

les plumes et

la poussière

certains nuages

les dos et

les visages

les larmes

les jours qui

n'en finissent jamais

les nuits trop longues

le feu

les cendres

Le vent aime

l'horizon 

mais déteste

les murs

La grande aventure

 

S'extraire minutieusement

du lit 

qui nous tenait au chaud

sauter

d'un rêve

arpenter

un nuage

plonger

dans un livre

s'écarter

de la ligne

Brûler

d'un souvenir 

plus ardent

que le feu

Emploi du temps

 

J'ai

cinq minutes

à perdre

et 

un jour

à gagner

Machine

 

Les sourires

sous la pluie

rétrécissent 

au lavage

Un penchant pour

 

Je porte une attention

toute particulière

aux lettres

qui deviennent

des mots

qui deviennent

des phrases

qui deviennent

des histoires

qui deviennent

des vies

Convalescences

 

La vie parfois

ça se pose là

Entre bien jolies plaies

et frivoles guérisons

Rythmique

 

Parfois le cœur

un peu plus léger

Parfois le cœur

un peu plus lourd

Parfois idéalement lesté

un coup battant

de l'aile et l'autre 

la chamade

Dyslexie

 

Croquer le monde

en contemplant

une pomme

Petites ponctuations

 

D'un silence l'autre

cette douceur de vivre

ces mots 

pensés ou prononcés

susurrés ou criés

Des fleurs dans 

le vacarme

petites ponctuations

écloses comme par magie

entre deux déserts

Fumé

 

La nuit m'allume

La nuit me fume

La nuit m'éteint

Conception de l'aube

 

La nuit 

s'est endormie dehors

Le jour 

s'est réveillé

près d'elle