Chaque seconde
4 enfants naissent et
2 personnes meurent
Il faut environ 2h30 pour
faire cuire
un pot-au-feu
Chaque seconde
4 enfants naissent et
2 personnes meurent
Il faut environ 2h30 pour
faire cuire
un pot-au-feu
On nous envelopperait dans
dans du papier bulle et
puis dans un carton et
on écrirait sur
la boîte
Attention fragile
avant de
nous envoyer
à l'autre bout du monde
Voyager dans
le silence
un soupir
pour monture
l'apaisement comme
une arme
ce souvenir précieux
pour seule destination
Il s'en est déjà
fallu de peu
Il s'en faudra
de peu
Il s'en faut toujours
de peu
pour que ça devienne
beaucoup
La nuit touche
à sa fin
et les yeux s'ouvrent
à peine
Juste assez pour
confondre
un fragment de ciel rose et
l'extase absolue
Le temps
passe si vite
Il faut
sauter dedans
Il faut
s'y accrocher
et tenir la cadence
Il faut
que chaque escale
émerveille et parvienne
à nous faire oublier
où l'on va
Et c'est là
tout notre mystère
Nous sommes
à l'intérieur
emplis de mille portes
et certains
les enfoncent
quand d'autres
les entrouvrent
ou encore
y chuchotent
parfois même
les repeignent
Le vent aime
les cheveux
les robes
les tissus oubliés
des cordes à linge
renverser les poubelles
et pousser les mégots
l'herbe mouillée
la fumée
les feuilles
qu'elles soient mortes
ou vivantes
Le vent aime
la pluie
les cils
les arbres
comme les fleurs
la pierre
moins que le bois
les écharpes mal nouées
les plumes et
la poussière
certains nuages
les dos et
les visages
les larmes
les jours qui
n'en finissent jamais
les nuits trop longues
le feu
les cendres
Le vent aime
l'horizon
mais déteste
les murs
S'extraire minutieusement
du lit
qui nous tenait au chaud
sauter
d'un rêve
arpenter
un nuage
plonger
dans un livre
s'écarter
de la ligne
Brûler
d'un souvenir
plus ardent
que le feu
Je porte une attention
toute particulière
aux lettres
qui deviennent
des mots
qui deviennent
des phrases
qui deviennent
des histoires
qui deviennent
des vies
Parfois le cœur
un peu plus léger
Parfois le cœur
un peu plus lourd
Parfois idéalement lesté
un coup battant
de l'aile et l'autre
la chamade
D'un silence l'autre
cette douceur de vivre
ces mots
pensés ou prononcés
susurrés ou criés
Des fleurs dans
le vacarme
petites ponctuations
écloses comme par magie
entre deux déserts