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Spécial * Vases Communicants *

«(…) pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange généralisé, chacun écrivant chez un autre ? Suis sûr qu’on y découvrirait des nouveaux sites (…)». François Bon et Scriptopolis ont lancé l’idée des Vases Communicants.
Aujourd’hui La Méduse et le renard et Etc-iste s'invitent réciproquement



36000 chiens

36 000 chiens sans maître. Le ciel comme une viande et 36 000 chiens sans maître qui en déchirent le ventre. La tête oblique. L’œil de travers. L’aube en ligne de mire. Je me dresse et je marche vers la meute assoiffée du petit jour. Les balles en plomb de ma cervelle. L’odeur de la chasse boueuse. L’odeur des heures qui s’arrachent dans le gras mou de la douleur. La grande épopée minable de ses débroussailles. Et dans le sumac de la nuit qui saigne, 36 000 chiens sans maîtres qui hurlent à la mort. Demain est une bête qui gémit le brouillard. Mon âme carnivore à grands coups de couteaux. J’avance avec des lames. J’avance avec des larmes. Le sang dans la lumière qui trace ses sentiers. Le ciel comme une viande. 36 000 chiens sans maître qui en déchirent le ventre.

Spécial * Vases Communicants *


«(…) pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange généralisé, chacun écrivant chez un autre ? Suis sûr qu’on y découvrirait des nouveaux sites (…)».
François Bon et Scriptopolis ont lancé l’idée des Vases Communicants.
Aujourd’hui Enfantissages et  La Méduse et le Renard s’invitent réciproquement.

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Derelitta

Le balancement des choses devant le mur des oublis aux aspérités concaves usées par la pulpe ravinée des doigts des mémoires perdues au seuil de prairies d'asphodèles où le visage caressé par les hautes herbes les âmes cheminent levant haut leurs pieds sans chair et la brise tiède s'insinue entre les doigts écartés les paumes face à la colline où domine un rocher plat promontoire fusée figée le balancement des choses quand j'ai sauté à pieds joints dans une flaque de larmes elle pleure dans ses cheveux longs silencieuse je la suis pas à pas vers la barque amarrée là-bas assises face à face sur les bancs nous fendons l'eau sans ramer on aperçoit ses yeux avec au fond du paysage le désert rouge de l'est tu veux t'y fondre consumée par la mort d'un autre qui t'appelait par ton prénom dans le jardin un jardinier irreconnaissable l'arpentait avant de disparaître et tu pleures âme corps esseulé dans l'empreinte de ton pied une asphodèle apparaît le vent de vertige n'aura pas raison de toi.

Enfantissages
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Les autres participants :